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 L'autre ville

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D.A.

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Féminin Nombre de messages : 667
Age : 26
Date d'inscription : 30/04/2013

MessageSujet: L'autre ville   Ven 28 Aoû - 22:46

Jeu n°1 : PARTOUT MAIS AILLEURS / 10 min.
Vous êtes dans une ville de votre choix. Seul, ou avec qui vous voulez être. Décrivez ce que vous voyez. Un endroit où vous êtes allé, ou bien où vous rêvez d'aller. Il faudra pour les autres deviner s'il s'agit d'un souvenir ou d'une divagation à la façon dont vous en parlez.
 

Participants : Anastasis, Chikoun, Choupinou, gaba, Haalysse, Lilith & Lyconides

VÉCU
1. Un soir sur les bords du monde, j’ai vu le soleil mourir. Happé par l’océan furieux, j’ai vu les flots rougir, sanglante marée tout de vermeil et d’orange nuées. J’ai vu les crêtes déchiquetées, submergées par les vagues hargneuses, essuyer des larmes aux couleurs chamarrées. Les maisons blanches brillaient comme des phares mourants dans le ressac incessant. Les coupoles du bleu du ciel ont disparu dans un tonnerre mugissant. Un soir sur les bords du monde, j’ai vu la nuit tomber. Des milieux d’yeux bleus en banderoles éclatées, leurs pupilles de verre vers les fonds marins écarquillées. Les rues étroites, écrasées de chaleurs ont pliées sous les assauts de la nuit et les ombres gigantesques ont avalé les temples et les chapelles de minuit. Il ne restait que le silence et le crépitement des hommes. La ville vidée d’or et de chaleur brillait telle un joyau oublié sous la lune paresseuse, dômes invisibles et murs d’argent nouveau. Un soir, sur les bords du monde, j’ai vu le temps s’arrêter. C’était lent comme le passage d’une étoile, un instant volé au bord de la mer Egée.

DIVAGATION
2. Les têtes courbées face au vertige, nous étions à ce point d'équilibre où le silence déferle et fracasse. Le silence de la ville, fait de klaxons, de moteurs et de cris. Nous nous tenions là, à l'infini moment, sur la lame d'un building surplombant la rue. Nul besoin de mot. Sous tes cheveux au vent un sourire discret, comme la certitude que parmi cette ébullition tu trouverais. Une longue robe nuit.
Devant nous, les lueurs d'un jour étrange, par faisceaux saccadés et colorés. Mon regard se laissa happer, distrait, voletant d'un appât de chat à un autre. Quelque part en ville, le monde s'éveillait sans moi.

DIVAGATION
3. Nous étions dans le camion, mes parents à l’avant, mon père au volant, comme toujours. Je venais tout juste de me réveiller d’une sieste somnolante assez désagréable et je hissais mon corps vers l’avant du véhicule. Je réussissais tant bien que mal à me positionner entre les deux sièges parentaux. Je me concentrais pour oublier mes genoux contre le sol froid et irrégulier qui crachotaient fièrement sur une route goudronnée et parsemée de trous.
Ce que j’avais vu alors m’avait coupé le souffle. Nous venions tout juste de tourner, ce qui m’avait empêcher de me préparer la vue qui s’offrait à moi. Une magnifique abbaye, en ruine, du lierre épousant ses formes chargées d’histoire, surplombait une petite ville irlandaise perdue dans les collines verdoyantes de ce pays qui décidément me charmait. Le soleil était bas et ses rayons soulignaient la solennité de cette découverte et j’eu l’impression très nette de rêver.
La recherche d’un hôtel ou d’une auberge pouvant nous accueillir, à cette heure plutôt tardive pour une ville de ce gabarit me ramena bien vite à la réalité et je m’endormis en rêvant à ma rencontre du lendemain.

DIVAGATION (sans blague ?)
4. On ne peut pas voir le ciel.
On m'avait promis du ciel, c'était sur l'affiche. C'est la raison qui m'a poussé à emménager ici.
Mais tout est cloîtré, enfermé, scellé.
Le jour artificiel est toujours le même, les ombres ne bougent pas, à tel point que les immeubles ont des façades brûlées alors que leurs autres murs sont plongés dans les ombres éternelles.
Même la végétation est artificielle : des arbres dont les branches s'écrasent contre les colonnes de verre qui nous les rendent inaccessibles, et pas le moindre brin d'herbe entre les pavés du trottoir.
Les habitants n'apportent pas plus de vie à l'ensemble, leurs véhicules électriques parcourent silencieusement les rues, tous les jours selon le même schéma, ressemblant au cycle d'un mécanisme d'horlogerie bien huilé plutôt qu'à la vie citadine.
Habiter une cité spatiale, c'est vraiment une idée de merde.

VÉCU
5. Je me déplace dans ce couloir aux allures ternes. Les murs sont d'un beige fade pleins d'irrégularités. Je ne les ai jamais aimés d'ailleurs. Enfin, ce n'est pas ce qui m'a le plus attiré dans cet appart. Non c'est plutôt l'endroit vers lequel je me dirige. J'ouvre la porte, la referme bien qu'il n'y ai personne d'autre chez moi. Je constate le petit verrou scellé à la peinture sur la porte en me demandant s'il a déja servit, et surtout pourquoi est-ce qu'on a peint par dessus, le rendant de ce fait inutilisable... Bah, je ne le saurais jamais. Je m’assoie et tourne la tête vers la droite. Le voila, l'endroit pour lequel j'ai choisi cet appart. Une ouverture de un mètre sur 50 centimètres dans le mur, derrière lequel se trouve un petit débarras ou s'entassent cartons, carrelage, balais. Mine de rien, ça fait de la place pour ranger mes encombrants, et il n'était même pas compté dans la surface totale ! Bref, je ne suis pas venu ici pour contempler. Je me concentre, un rouleau de PQ à la main.

DIVAGATION
6. Je passe sous le tunnel à toute vitesse. Je m’accroche les doigts au béton en passant à côté, juste parce que ça me plait. Les phares d’une voiture qui débarque en face me coupent la respiration l’espace d’une seconde. Elle fait une embardée en voyant briller les lumières réfléchissantes de mon vélo et klaxonne frénétiquement en passant à côté de moi. Cependant, elle ne s’arrête pas. Je suis rassurée de la voir s’éloigner dans le tunnel. Mangée par lui. Qu’est ce que mes parents penseraient s’ils me savaient là à cette heure ? Je m’arrête un moment, le temps d’écouter la végétation qui frémit autour de moi. Je suis à l’endroit où le tunnel prend fin, où son arc de cercle parfait débouche sur la nuit à l’orée de la ville. Des cèdres et des pins occupent l’espace à droite de la route, derrière des barrières grises. A gauche, on distingue au loin une plage en contrebas : l’endroit où je suis censée aller.

VÉCU
7. Une fois de plus, mon vagabondage m'avait ce jour là, amené dans une région pittoresque de France. Une de ces régions vallonnées que la main de l'homme hésitait à profaner.  La végétation était cependant rare à cette altitude. Seuls survivait quelques touffes d'herbes folles de-ci de-là. J'avais déjà franchi les monts jumeaux et, alors que j'atteignais enfin le sommet de la plus haute colline, j’aperçus une habitation recouverte par d'épais buissons. Intrigué de trouver une bâtisse dans une lande aussi désolée, je décide d'y faire un détour, tiraillé par ma curiosité. Je me permis cependant de faire le tour du panorama qui s'offrait à moi. La terre nue paraissait presque briller sous les assauts du soleil. D'ici et là, quelques lambeaux d'humidité semblaient offrir mille promesses au voyageur égaré. Certains renfoncements entre les collines absorbaient la lumière et ne renvoyait qu'une obscurité inquiétante. Je n'y perdit pas plus de temps et fonça droit au but. Comme je m'y attendais, la bâtisse n'était pas en bonne état. Ce n'était d'ailleurs pas une véritable bâtisse, mais une habitation troglodyte. Je décida d'y pénétrer. Quel ne fut pas ma surprise de constater que la température y était bien supérieur à celle de l'extérieur, fraîche en cette saison. Et pour cause, elle était traversée par une source chaude souterraine ! Cela donnait à l'endroit une moiteur agréable, qui contrastait forcement avec le froid sec qui sévissait dehors. Je décida alors de m'y installer pour la nuit avant de reprendre ma route.
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D.A.

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MessageSujet: Re: L'autre ville   Ven 28 Aoû - 23:23



Anastasis, Lyconides, Lilith, Mic, Haalysse, Choupinne, Chikoun, gaba

1. J'ai les pieds gelés. Je me fais la même réflexion que la dernière fois : il faut que je change mes patins, ceux-là ne m'isolent plus du tout du froid. Sally et Marge s'approchent pour embrasser mes deux joues ; chacune d'un côté, et Beth prend une photo surprise de mon visage entouré des leurs. Une photo à l'allure de l'innocence même. Adolescentes, presque femmes, et pourtant... toujours et à jamais des enfants.
Les lampadaires illuminent juste assez le parking pour nous permettre de nous changer avant de continuer notre périple. Sally regarde derrière moi, l'air énigmatique. Je me retourne. Là-bas dans l'ombre, une silhouette se découpe dans la lumière blafarde des veilleuses de la patinoire. Il lui faut toujours du temps pour arriver, mais ça en vaut la peine.

2. - J'en ai marre, nos copains ne font jamais attention à nous !
- Ouais c'est clair ! Nan mes des fois, j'ai trop l'impression d'être transparente quoi !
-Carrément trop ! En plus le mien il claque tout son pognon pour aller au strobi avec ses tarlouzes de copains et du coup je porte toujours les même vêtements, y en a trop marre !
- Ouais, moi c'est tout pareil ! Tu sais quoi, on a qu'à s'échanger nos vêtements et nos copains, là maintenant, je suis sur qu'ils vont même pas nous calculer !
- Ah ouais hein ! Super idée ! Allez, désape toi ma grande, j'ai hâte d'enfiler ce petit jean slim !

3. J’aurais du prendre une veste. Et des ballerines. J’ai mal aux pieds, merde. Et à la tête. Qu’est ce que j’ai mal à la tête. Les rires de Claudia me transpercent les oreilles. C’est normal d’avoir un rire aussi aiguë ? Je me les pèle sur ce parking miteux et mes tempes font la bringue. C’est Bagdad sous mon crane. Il y avait quoi dans ces verres ? Ils ont mis de l’alcool dans la vodka je crois, les cons. Bon, elle va venir cette chaussure ? Si ça continue, je vais me vautrer et l’autre blonde va encore plus se payer ma tête. Il faut qu’on trouve une voiture et qu’on se casse d’ici. J’ai besoin de soleil moi, de sable, de chaleur. Si elle arrête pas de rire, je lui fais bouffer son t-shirt, je le jure. Saloperie de godasse, tant pis, je remets l’autre. J’attrape Claudia qui se marre toujours comme une baleine, passe un bras sous le sien, elle m’embrasse dans le cou. On rassemble nos affaires. Direction le sud, la tête à l’envers.

4. Ce que l’on peut noter ici, c’est la profondeur de la scène et cette source de lumière qui donne tout son charme et sa puissance à la composition. L’artiste a su dans cette photographie nous transmettre toute la beauté de notre temps, une formidable trace de nos contemporains qui à jamais restera dans les annales. Les courbes se mélangent aux rectilignes dans un mouvement céleste tel que seul l’art moderne peut retranscrire. Voici la quintessence de l’art Humain, la traduction la plus harmonieuse des sentiments urbains torturés, le tumulte de l’âme d’un créateur en divagation mentale. Maintenant il ne reste plus qu’une seule chose à faire pour honorer le travail de ce génie, baiser.

5. « Encore un client et je rentre »
C’est ce que je m'étais dit en passant à travers ce parking glauque dans l’idée de me rapprocher du centre. Quand j’ai vu ces deux pauvres gamines se trémousser et glousser sur le trottoir, sans aucune conscience de la présence de ces teneurs de murs à la con à côté, j’ai eu peur. Peur pour elles bien sûr ! Et je leur ait proposé de les ramener dans un coin plus fréquentable. Mais ces connes se sont barrées à la vue de mon taxi. Comme si, moi, Roger, 55 ans, marié depuis mes 19 ans à ma morue préférée, j’étais un danger pour elles !
Alors j’ai appuyer sur le champignon et je les ais poursuivis. Je pouvais pas savoir moi qu’elles allaient s’affoler et courir sur la voix rapide comme des idiotes ! Je voulais juste les ramasser et les ramener à leur parents ! Tiens, ça leur apprendra a ces connards de pas dresser leurs mioches et que ca donne des écervelées. Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? J’ai agis pour leur bien, elles avaient qu’à comprendre !

6. Rosalie et Adèle commencent à se mettre en tenue. "Tenue chic" nous à t'on précisé. J'ai choisi ma plus belle robe, et un mascara à paillettes qu'elles m'envient follement. Enfin, j'espère simplement qu'il n'a pas déjà commencé à coulé. Ça faisait 2 bonnes heures qu'on picolait sur la plage, peut-être pas le meilleur endroit pour rester propre sur soi. Mais qu'importe, un gala avec un vrai réalisateur, ça se fête ! Surtout en tant qu'héroïnes principales ! J'aurais tout de même aimé avoir un peu plus d'information sur le film en lui-même, un "snuff movie", ça ne me parle vraiment pas.

7. Un retour de soirée. Je sais pas ce qu'il leur avait pris, mais elles avaient commencé à se désaper là, au milieu d'un parking glauque, aux néons défraîchis. Au départ, je crois que c'était pour rigoler. Les rires qui fusent, les voix éreintées et rauques. Une histoire de chaleur. Pour ça oui, j'ai fini par voir qu'elles l'étaient, en chaleur. Je savais qu'elles étaient plus vierges depuis longtemps, mais de là à se faire un plan à trois entre femmes sous les néons. Moi, je paniquais. Entre la caméra de surveillance , et son vieux pervers derrière, et la possibilité de se faire surprendre par n'importe quel passant. Autant dire que je trempais ma culotte, et pas qu'à l'idée de leurs lèvres sur mes seins. Mais elles, elles en avaient rien à faire. Elles étaient déjà à quelques centimètres de moi, leurs mains effeuillant la belle plante (sic) qui leur faisait fasse.
Puis là, j'sais pas trop comment. Un mec est arrivé. Si j'me souviens bien, j'ai pas trop eu le temps de voir, il avait un gros marteau. Il nous a toutes fracassé le crâne. C'était pas joli joli, sur le parking de la station. Va savoir pourquoi il a fait ça. On allait bien s'amuser.

8. Il se passe parfois de drôles de choses sur les parkings.
Des choses qui paraissent loufoques, voire gênantes pour le commun des mortels.
Mais pas pour moi.
J'aime particulièrement les grands parkings, là où les places sont numérotées. Mon nombre sacré est le douze, et j'ai laissé ma marque sur la place douze, ainsi que sur toutes les places numérotées par un multiple de ce nombres. Le carré est particulièrement fort, c'est toujours lui qui attire les événements les plus importants.
Sur cette place cent-quarante-quatre, ces deux filles, qui pensent simplement être soûles et faire n'importe quoi, exécutent en réalité à la perfection une danse magique qui contribue à renforcer mon pouvoir.
La danse touche à sa fin, les deux filles n'ont pas encore conscience de ma présence que je suis déjà trop proche.
Les humains sont si faibles. Si pathétiques. Mais au moins ont-ils leur utilité.

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