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 Par delà les monts hallucinés

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MessageSujet: Par delà les monts hallucinés   Dim 12 Juin - 19:37

Extraits du journal personnel de Harry James, professeur et membre de l'expédition archéologique Phoenix,en Antarctique.

Lundi 04 Décembre 1935

Ça y est, le grand jour est arrivé. Moi, Harry James, professeur à l'institut Salem, je m'en vais pour l’Antarctique. Cela fait des lustres que j'attends ce moment, de pouvoir enfin partir pour le pôle sud et d'y découvrir des traces de civilisation. L'équipe du Phoenix,dont je fais parti, travaille depuis de nombreuses années sur la possibilité de trouver des traces de l'une des plus grandes cités de notre espèce. Tout porte à croire que, cachée sous d'épaisses couches de glace, se dissimule une ville immense où naquit le tout premier empire.

D'après nos recherches, les peuples sub-américains auraient construit leur capitale sur notre actuel pôle sud il y a des milliers d'années de cela. Le climat changeant, ils auraient migré vers le nord-ouest, mais la glace a le mérite de tout préserver. Et si il se cache bien une cité quelque part en dessous, nous la trouverons !

Nous partons dans deux heures de Newport, j'espère que le "Patriotic" ne me rendra pas malade...

Samedi 09 Décembre 1935

Le bateau n'est vraiment pas ma tasse de thé. Je regrette sincèrement d'avoir quitté notre bonne vieille Angleterre. Cela fait plusieurs jours que je rends chaque bouchée avalée, et que les hommes me retrouvent mal en point sur le pont, vomissant mes maigres repas dans la mer agitée. Je n'ai même plus faim, je peine à trouver le sommeil, et le capitaine m'a annoncé qu'il reste encore un mois de bateau...Je sens que je ne survivrais pas à ce voyage.

Dimanche 17 Décembre 1935

Quelle étrange nuit que celle-ci. Épuisé par ma journée, je me suis endormi à peine allongé, et les rêves qui ont ponctué ces quelques heures de sommeil étaient des plus intrigants. Je me revois encore perdu dans la foule. Nous étions dans une salle immense, humide, récitant d'obscures prières. Il faisait sombre, et nous étions vêtus de grandes robes sombres, encapuchonnés et parlant dans une langue qui m'est inconnue. Impossible de garder cela pour moi, je vais en parler à Jerry.


"Le mal de mer vous fait perdre la tête, mon ami". Sombre idiot, à quoi bon chercher à comprendre le monde quand on a pas l'esprit ouvert ?! Tant pis. Je garde mes songes pour moi. De toute façon, ils sont trop flous pour en tirer quoi que ce soit...

Mercredi 20 Décembre 1935

A l'approche de Noël, je ne peux m'empêcher de repenser à mon premier rêve de dimanche dernier. Alors que les images étaient floues et que les mots flottants dans la salle n'étaient que murmures inaudibles, je revois chaque nuit plus nettement les choses. Ce même rêve revient, et j'y vois plus clair peu à peu. La salle est une grande caverne, visiblement sous un lac, ou peut-être une mer, car des bruits d'eau me parviennent. Les colonnes formées par concrétion sont gravées de dessins étranges et très abstraits, représentant des formes que je ne reconnais pas. La prière elle aussi devient plus claire, j'entends nos voix sans pour autant les comprendre. Quel genre de langage cela peut-il bien être ? Celui, archaïque au possible, des citoyens du premier empire ? Les mots m'échappent encore au réveil, je devrais les noter quand ils deviendront assez clairs. Pour être franc, le fait de refaire le même rêve est tout aussi curieux qu'angoissant. Il y a sûrement un rapport avec cette expédition. Pourvu que rien de mauvais ne nous attende... Priscilla...

Mardi 26 Décembre 1935

Après avoir fêté Noël sur le "Patriotic" avec les marins et les membres du Phoenix, et avoir bien bu et mangé pour l'occasion, nous nous sommes couchés tardivement hier soir. Une violente tempête était passée dans l'après midi, et tous se sont écroulés dans la soirée, exténués après leurs efforts pour garder le bateau en bonne voie. Visiblement, tout le monde semble heureux du voyage, mais pour ma part, je commence à avoir un mauvais pressentiment. Mes rêves me pourchassent chaque soir, et la journée j'y repense sans arrêt, faute d'avoir autre chose à faire. Je comprends enfin pourquoi je peine à me rappeler du cantique, la prière est chantée dans une langue inhumaine. Les sonorités peuvent vaguement se traduire en sons connus, mais je n'arrive à distinguer ni les séparations de mots, ni le rythme du chant lui-même. C'est comme si c'était une chanson venue d'un autre monde. Mais pourquoi par le ciel ai-je de telles visions ? Jerry était pâle ce matin, il m'a confié qu'il faisait des cauchemars depuis quelques jours, mais impossible de s'en souvenir. Tout ce qui reste de ses nuits est une forme de début de paranoïa pour l'obscurité. Il va falloir le soutenir... les ténèbres d'une nuit en pleine mer sont une chose plutôt"difficile" à chasser.

Plus que deux semaines...Mon amour si tu savais comme il me tarde déjà de nous retrouver.

Mardi 2 Janvier 1936

Les ragots de soulards ne sont peut-être pas si illusoires que cela. Je n'en avais pas fait part ici, par soucis de ne pas me ronger les sangs plus encore, mais il faut bien admettre que ces marins, bien que portés sur l'alcool, avaient raison. Depuis deux semaines j'entendais murmurer qu'on aurait vu "bouger des choses dans l'eau", ou vu des ombres étranges lors des deux tempêtes que nous avons essuyé. Je n'y croyais pas, j'aurais peut-être du... Ce soir, en me promenant sur le pont pour prendre un peu l'air, j'ai discuté avec un des hommes de bord pour faire passer le temps. L'eau était calme, le bateau avançait sans encombres, et une brise légère nous passait sur le visage. C'est là que je l'ai vu. Ce n'était peut-être rien après tout, mais avec toutes ces histoires, je prête de plus en plus de crédit à ces délires ivrognes. Ce n'était qu'une ombre, une ombre et un bruit. Enfin une sorte de gargouillement batracien. La "chose" nous suivait sur le flanc droit, cachée entre les vaguelettes que formaient les sillons du navire. A l'abri de l'ombre, elle semblait nous ...escorter ? Suivre ? Traquer ? Je ne sais pas. Toujours est-il que lorsque j'ai suggéré à mon soulard de regarder à son tour, l'ombre a émit une sorte de bruit de plainte, ou je ne sais trop quoi, puis a disparu de la surface... Je ne sais vraiment pas ce qu'il se passe, mais j'espère que c'était un dauphin, ou je ne sais quoi d'autre, car moi aussi, je fais des cauchemars maintenant...

Jerry, lui, reste jour et nuit dans sa chambre, à coté de sa lampe à huile. Il semble désormais de plus en plus effrayé par l'ombre, et redoute la nuit. J'espère que la fin du voyage chassera ces mauvais démons...

Vendredi 5 Janvier 1936

Comment cela a-t-il put se produire ?! L'un des hommes de bord a disparu. Envolé, échappé, kidnappé, suicidé, peut importe ce qu'il s'est passé, mais il n'y a plus de mousse Peter Mcdouglas à bord. Les autres l'ont cherché, le pensant coincé ou perdu quelque part sur le bateau: rien. Il était de garde hier soir, et je suis sûr qu'il est passé par dessus le pont, d'une manière... ou d'une autre. Il n'était pas amateur d'alcool, n'était pas dépressif, ni angoissé d'ailleurs, tout juste préoccupé par nos histoires d'ombres et de monstres aquatiques. Mais maintenant: il n'est plus là.

Je tourne et retourne la chose dans mon esprit de toutes les manières possibles, mais une seule me parait évidente, ce genre d'évidences aussi absolues et tranchantes qu'une lame de guillotine. Je n'arrive pas à m'y résoudre, mais je ne vois comment en aurait-il put être autrement: Mcdouglas s'est fait enlevé (si ce n'est pire !) par cette "chose".

Je n'ose faire part de mes impressions aux autres, de peur d'effrayer tout le monde, et d'anéantir totalement le reste de calme et de raison sur ce navire.

Oh Seigneur... dans quoi me suis-je embarqué ? Il ne reste plus que quatre jours... quatre jours et nous serons sur la glace de l’Antarctique... au moins, dans ce chaos blanc, je doute que beaucoup d'ombres ne viennent nous tourmenter... espérons-le !

Je ressens de plus en plus le froid hivernal qui nous attend là-bas. Qui sait, la raison de Jerry pourrait se calmer dans cet énorme bac à glace ?

Mardi 9 Janvier 1936

Fort heureusement, il n'y a pas eu d'autres disparitions sur le Patriotic. Tout l'équipage est à fleur de peau, mais aucun autre, mis à part ce pauvre Peter, ne manque à l'appel. Et je


Je profite d'une pause dans notre randonnée dans le froid polaire pour écrire ces quelques lignes. Mon départ précipité du navire, gentiment "aidé" par le capitaine un temps soit peu énervé, ne m'a pas laissé beaucoup de temps pour réfléchir à la situation. Nous sommes 12, en comptant les porteurs et nos affectueux agents de sécurité, et pour l'instant, le début de cette aventure a très mal commencé, du moins pour moi. Entre mes cauchemars, mes visions étranges, l'ombre que j'ai aperçu et maintenant la mystérieuse disparition d'un garçon, je dois avouer que je redoute presque de trouver cette cité... Ce doit être la fatigue, de toute façon, nous monterons une solide tente pour cette nuit, afin de récupérer tranquillement de nos émotions.


Je remarque que j'écris plus fréquemment dans ce journal depuis que nous avons posé pied à terre. Ça doit me rassurer quelque part, et puis je peux y faire le point sur la situation. La marche dans la neige et la glace a été plus épuisante que je ne l'aurais cru. La morsure du vent est omniprésente, les pentes sont raides, et le risque de glisser ou tomber dans une crevasse nous oppresse tous. Heureusement que nous sommes accrochés les uns aux autres! Les pics à glace sont très utiles. Nous sommes à une semaine de marche de notre objectif, en espérant qu'on ne s'égare pas en route. D'autre part, l'état de Jerry est loin de s'être amélioré, je l'entends gémir la nuit, et je remarque que les mêmes symptômes surviennent peu à peu chez les autres chercheurs de l'expédition... Pourvu qu'il n'y ait pas d'autres problèmes pendant le voyage...J'entends parfois le cri angoissant de cette chose que j'ai vu sur le Patriotic. Entre les hurlements du vent, je crois discerner ce gargouillement étrange, j'ai l'impression que "ça" nous suit même si ma raison me rappelle que survivre une nuit dans ce froid serait chose impossible. Et puis si nous étions vraiment suivis, on pourrait voir les lueurs d'un autre campement dans les environs, non ? A moins que "ça" n'est pas besoin de chaleur ... Je devrais me reposer, la journée de demain sera sûrement très longue.

Mercredi 10 Janvier 1936

Je n'aurais jamais autant maudit la superstition de ces nègres porteurs. Après avoir marché près de 20km dans le froid et la tempête, Moubala, ou M'bala peu importe, a malencontreusement chuté dans une crevasse masquée par une couche de neige épaisse. Son mousqueton n'a visiblement pas été d'une grand secours, car nous n'avons pas eu le temps de le remonter avant de sentir que son poids avait disparu du bout de la corde... Triste évènement, mais qui a déclenché une série de lamentations et de plaintes par ces damnés esclaves. Certains d'entre eux ont crié à la malédiction, et qu'il valait mieux rentrer chez nous plutôt que de mourir ici. Balivernes ! Comme si nous allions rentrer après des années à quémander des fonds, à justifier notre expédition, à prouver son intérêt et sa crédibilité, et tout ça pour rentrer deux jours à peine après notre arrivée ici ?!?

Qu'ils aillent tous au diable, eux et leur peau aussi peu éclairée que leur esprit !


Jeudi 11 Janvier 1936

La nourriture serait-elle viciée ? Cela fait quelques heures que je vois Wiliam, un autre professeur, tousser et cracher des glaillots de sang. Il dit avoir mal au ventre, et comme si ce n'était pas suffisant, deux gardes souffrent de maux similaires. Je les ai diagnostiqué tout à l'heure, et leur troncs sont couverts de stries bleutées. Comme si les veines devenaient noires, serait-ce le froid ? Je n'ai jamais vu une telle chose, et je suis sûr que beaucoup de mes confrères à Salem se montreraient très intéressés par ce genre de cas, mais dans des circonstances pareilles, je ferais mieux de tout faire pour les garder en vie. Les maux de ventre dont ils se plaignent, et cette étrange chaleur qu'ils éprouvent avant de rejeter du sang me rend perplexe... nous avons tous mangé dans les mêmes rations, notre tour viendra-t-il ? Ou est-ce une réaction allergique ? Je doute qu'ils tiennent longtemps dans cet état.

Vendredi 12 Janvier 1936

Leur état empire... Il devient difficile de les trainer avec nous, mais nous ne pouvons nous résigner à les abandonner. Les stries bleues se sont étendues aux jambes et aux bras, le cou devrait bientôt suivre. Mais quel mal peut bien les affliger ? Coagulation du sang ? A cause du froid ? Ça n'explique pas le sang vomit. Ils refusent d'avaler quoi que ce soit désormais, prétextant des brûlures à l'estomac. Je ne comprend pas... Et aucun autre membre du Phoenix ne peut m'apporter d'aide là dessus. A ce rythme, ils tiendront à peine deux jours. Je les ai mit sous plusieurs couvertures, en espérant que la chaleur ralentira, ou mieux fera reculer les stries. Mieux vaux dormir, je ne peux y faire grand chose d'autre de toute façon, et j'ai les paupières qui se ferment toutes seules.

Dimanche 14 Janvier 1936

C'est fini. Nous avons perdu trois de nos hommes. Aucun autre membre de l'expédition ne semble être touché, mais eux sont morts dans d'atroces souffrances. Aux derniers instants, ils semblaient se consumer de l'intérieur, et leurs veines étaient devenues d'un noir de suie. Leur corps étaient entièrement rongés par cette maladie, et ils ont certainement fait une hémorragie interne, on aurait dit qu'ils vomissaient tout le sang de leur corps. Pauvres âmes... puisse Dieu les accueillir près de lui. Nous prierons pour eux ce soir.

Samedi 20

Je ne sais pas vraiment si nous sommes bien le 20, après tout je n'y attache plus vraiment d'importance. D'après le trajet effectué,nous sommes à 5 kilomètres de notre objectif. Des monts sont visibles à travers les torrents de neige que nous déverse le vent, les documents indiquent qu'un accès devrait se trouver dans la pierre. Nous avons préparé la dynamite, avec toute cette neige, il faudra au moins ça pour déblayer le passage. Les gémissements de Jerry et d'Henry deviennent insupportables, je n'arrive plus à trouver le sommeil, je devrais leur donner des somnifères, mais je préfère les garder pour moi, au cas où je serais moi-même atteins de cette angoisse.


Dimanche 21

J'avais oublié à quel point le silence pouvait être délicieusement reposant. Ne plus entendre le hurlement du vent et des hommes, pouvoir s'assoir tranquillement autour d'un bon feu, j'avais oublié tout ça. Nous avons enfin trouvé une entrée. La dynamite nous a rendu un fier service. La glace et la pierre ont éclaté pour nous laisser voir un immense tunnel où nous avons pénétré sans plus attendre. A peu près, il doit faire dans les deux kilomètres de long, pour trois mètres de diamètre. Nous avons descendu dans les profondeurs de la terre pour nous réfugier du froid, et avons pu faire un feu avec les affaires inflammables de nos amis défunts. Malgré les épreuves, je dois avouer que je suis heureux d'avoir bel et bien trouvé quelque chose ici, cela en valait la peine. Là. Devant nous, une immense double porte nous barre la route. La chaleur du feu a fait fondre la glace, et nous nous arrêtons pour la nuit, le temps de faire sécher les affaires avant de reprendre demain matin. Comme l'a sagement dit Wilson, le responsable de la sécurité du groupe: "il vaut mieux avoir cette porte en état pour la nuit, au moins, on sait qu'il n'arrivera aucun danger de ce côté là".

Nous avons mangé à notre faim ce soir, les rations de quatre personnes à disposition sont une consolation, bien que maigre, de la disparition de nos camarades. Plusieurs hommes se sont amusés à chanter avant de dormir, afin de relâcher toute la pression accumulée depuis ces derniers jours. Nous en avons profité pour faire une petite cérémonie à la mémoire de nos disparus. C'est donc le coeur plus léger que nous reprendrons notre aventure demain. Malédiction ou pas, je ne connais aucune créature qui a sut résister à un coup de fusil, ou une explosion de dynamite...

God Save The Queen.

Lundi 22 Janvier1936

Ce matin, avant d'"ouvrir" la grande et immense porte qui nous barre la route, j'ai décidé de me lever tôt et de l'étudier avant sa disparition. Elle mesure environ cinq mètres sur deux, visiblement faite d'un mélange de pierre sombre (qui m'est inconnue, j'en prélèverais un échantillon après l'explosion), et de métal jaunâtre ressemblant à de l'or. L'aspect d'or pâlit m'intrigue, je ne connais aucun métal de cet aspect là. Peut être que le vent et l'humidité ont eut raison de son éclat ? Sincèrement, je ne pense pas. Quant à la pierre, elle est humide et tiède au toucher, et étrangement lisse. Les gravures qui l'ornent représentent des sortes de symboles antiques, sûrement un message aux visiteurs, j'hésite entre quelque chose approchant le "bienvenue dans la cité de..." et "Mort aux intrus". Dans un élan optimiste, et surtout pour ma propre survie, je préfère penser à la première hypothèse.


L'explosion était impressionnante. La porte est éventrée, laissant sortir un air agréablement chaud en comparaison avec la température extérieure. Nous nous précipitons dans ce doux cocon de chaleur, et en profitons pour revigorer nos membres engourdis par le froid. J'arrive plus facilement à écrire, et mes lettres sont moins écorchées, ce sera plus lisible fort heureusement.


Cet endroit est incroyable ! A peine avons-nous descendu quelques centaines de mètres en pente douce que nous voilà face à une sorte de cité-forteresse bâtie dans cette même pierre noire dont était faite la grande porte. Je ne pourrais pas la mesurer, cent mètres, peut être deux de haut, les lueurs émeraude projetées de l'intérieur de la structure principale sont particulièrement intrigantes. Pour nous, professeurs et archéologues, c'est une véritable découverte que nous venons de faire, une merveille d'antiquité, sûrement la trouvaille du siècle ! On se souviendra de nos noms dans des centaines d'années encore ! Je ne peux contenir mon euphorie, mon écriture s'emporte dans ma hâte de fêter ça avec le reste de l'expédition.

Oh Priscilla, si tu étais là pour voir ce que je vois ! J'ai tellement hâte de revenir pour tout te raconter !


Une étrange végétation pousse par ici, des fleurs aux formes tordues, ondulées, aux couleurs allant du violet agressif au blanc quasi translucide. Nous avons prélevé d'autres échantillons, et John fait des croquis de la flore locale. Ces plantes ont-elle des fruits comestibles ? Je ne m'y risquerais pas pour le moment, mais il ne serait pas déplaisant de découvrir de toutes nouvelles saveurs !


Cette première journée aux abords de la cité antique était riche en découvertes. Nous avons étudié les plantes, sans pour autant croiser le moindre animal connu ou inconnu, tout juste des sortes de spores semi-volantes, brillant d'elles-même d'une clarté tranquille. Elles virevoltent un peu comme des méduses. Je ne vois pas ce que ce pourrait être mis à part ça...

Après toutes ces émotions, nous allons nous coucher à regret. La journée est passée comme un rien, mais nos trois gardes restants ont décidé de faire des tours de surveillance, "au cas où". Sincèrement, je ne vois pas ce qu'il pourrait nous arriver. Nous n'avons rien vu d'autre à part ces plantes aujourd'hui... Enfin, si ça les amuse... Il faut bien qu'ils s'occupent après tout.


Mardi 23 Janvier 1936

Une sombre pensée m'a hanté toute la journée. La fatigue du voyage m'a fait oublier mes rêves, mais maintenant que je suis plus reposé, ils reviennent comme de vieux démons. J'ai fait le même rêve, encore, et en plus oppressant cette fois. Je n'étais pas à la même place. J'étais dans les premiers rangs. J'entendais des cris, en plus du chant répétitif et puissant qui emplissait la grotte. Des cris de femme, en levant les yeux, j'en vis alors l'origine. Le mur face à moi souffrait d'une ouverture béante, une sorte d'orifice circulaire de 3 mètres de diamètres, et qui s'engouffrait dans les ténèbres. Entre moi et ce gouffre, une jeune femme, 25 ans tout au plus, et attachée par les poignets à deux grands et massifs piliers de marbre noir. Elle criait et se débattait nue face au vide qui semblait la happer impitoyablement.

Je voulais l'aider, arrêter cette mascarade grotesque, cette macabre parodie de sacrifice rituel, mais quelque chose me retenait. Mes jambes n'arrivaient pas à se mouvoir, elles semblaient clouées sur un sol qui ne voulait pas me laisser partir. Je protestais, gémissait, puis une main se posa sur mon épaule, et j'entendis une voix rauque me murmurer à l'oreille:

"Regarde, regarde et contemple l'arrivée de ton maître"

Puis je vis une ombre se ruer sur le corps de la fille, et le temps que mon regard se concentre à nouveau sur ce triste spectacle, je vis un corps inerte pendre lamentablement au bout des liens qui le retenaient. La seule chose qui parvint encore à mon cerveau à ce moment, était le hurlement d'horreur que poussait la pauvre femme avant de se faire... Je ne sais même pas de quoi il est question. Elle n'était pas dévorée, ni même enlevée. On aurait dit que la créature s'était fondu en elle.

Puis, juste avant de me réveiller, je contemplais avec horreur ce corps que je croyais sans vie se mouvoir à nouveau. Elle gémissait, elle se tordait, quelque chose n'allait pas... Je craignais le pire, n'osant imaginer quoi. Soudain ce sont des cris qui résonnèrent dans la salle, elle souffrait atrocement, et la main calleuse qui tenait mon épaule me serra de plus en plus fort.

Je vis avec horreur, entre deux contorsions, son ventre grossir à vue d'oeil. Comme si quelque chose grandissait en elle. Je compris avec un dégoût total que la créature s'était "reproduite" en elle. Ou qu'elle s'était implantée dans ce corps dans je ne sais quel sombre dessin.

Je l'entendais supplier qu'on l'achève, qu'on ait pitié d'elle, quelque chose de liquide sortait de son entrejambe visiblement malmené, et avant que quoi que ce soit n'en sorte, ma vision devint floue. La nuit m'avale alors, et met fin à mon rêve.

Je ne sais que penser de tout ceci, et je n'ose le confier aux autres. Autant ne pas gâcher la joie collective d'avoir découvert la cité... D'ailleurs, nous partons en exploration dans une heure, et je suis bien décidé à comprendre d'où vient cette étrange lueur verte.


C'est...incroyable. L'architecture de cet endroit est un véritable défi à l'imagination... L'édifice est à deux kilomètres de l'entrée par laquelle nous sommes arrivés. Les formes étrangement troubles qui attiraient notre curiosité durant notre approche devinrent de véritables chefs d'oeuvre de complexité une fois face aux portes de la cité. Angles impossibles, constructions défiants toutes les règles de l'architecture et de la gravité, sans parler des orifices aux formes étranges disposés de manière (semble-t-il) anarchique. Si ce sont bien des hommes qui ont construit cette cité, leurs architectes devaient avoir une imagination démente, et un talent presque divin pour que de tels édifices ne s'écroulent pas sur eux-même ! Le vaste gouffre qui sert de porte d'entrée nous a permit de passer sans problèmes sous le porche de l'enceinte, et je pense que nous n'avons jamais autant remis en question la fiabilité de nos yeux qu'en ce jour. Comment est-ce possible? Aucune poutre de soutien, aucun armement métallique dans la pierre, aucun échafaudage... mais comment ? D'après nos estimations, n'importe quelle bâtiment s'écroulerait dans ces conditions ! Il nous suffit de marcher au travers des "ruelles" pour apercevoir parfois des tours formant des angles droit, des structures se tordant dans tout les sens, et semblant vouloir tomber au sol pour mettre fin à leur éternelle suspension. Cette cité est à peine croyable, serait-ce un rêve collectif ? La "ville" en elle-même est un chaos indescriptible, des voies piétonnes partent dans tout les sens sans ordre logique apparent. On aperçoit jusqu'à des routes décollant à la verticale pour rejoindre le haut d'un rempart à dix mètres au dessus du sol ! Ou bien des trous béants en plein centre d'un mur ou d'un bâtiment. Le plus démentiel restent ces escaliers creusés dans le sol. Ils descendent sous la surface, et lorsque Wilson a voulu tenter de découvrir ce qu'il pensait être une cave, nous l'avons retrouvé à cinq mètres derrière nous, à la fenêtre d'un de ces édifices... Mais COMMENT ? Le temps et l'espace semblent être affranchis de toutes règles ici. Les aiguilles de nos cadrans s'emballent depuis notre arrivée. Mais par tout les saints, quel est cet endroit ?!


Nouvelle pause. Cela fait trois heures que nous marchons dans la ville, en essayant en vain de trouver un moyen d'accéder à ce qui ressemble à la forteresse de cette capitale. Visiblement, les légendes que nous avons sur la "cité-morte" n'étaient pas totalement fausses. Même si sa superficie est largement supérieure à n'importe quelle bourgade d'Angleterre, je me demande si elle pourrait concurrencer Londres... N'ayant pas une vue d'ensemble de la mégalopole, je ne puis encore le dire, mais je me ferais très certainement une idée à force de marcher vers la place principale. Je note au passage que cette fameuse pierre noire dont était faite la grande porte est présente partout, des murs jusqu'au sol, et toujours cette étrange tiédeur que je n'explique pas.


Aucune trace de vie, ni de mort non plus. Pas le moindre dégât remarquable, comme si la cité a été désertée, tout simplement. Cela aurait put être une guerre, une terrible tempête, un tremblement de terre. Rien. Juste ce silence omniprésent, seulement dérangé par nos pas et la clameur de nos échanges. La grotte est beaucoup plus grande que je ne l'imaginais. Si nous avions deux kilomètres à faire pour arriver aux portes de la ville, il y en a bien plus à faire une fois à l'intérieur. Les parois du plafond n'en finissent pas de prendre de la hauteur. Je n'arrive même pas à en distinguer la fin, avalée par un énorme nuage d'ombre, comme si un orage veillait sur la cité, prêt à éclater à tout moment.

Nous commençons à sentir la fatigue due à l'exploration. N'ayant aucun repère temporel, j'imagine qu'il doit faire nuit dehors... Nous nous reposerons jusqu'à demain. Espérons que l'arrivée jusqu'à la forteresse d'émeraude ne prendra pas trop de temps, les vivres ne sont pas illimitées... Au pire il restent les plantes locales, quitte à mourir, autant que ce soit en essayant de survivre à la faim.

Vendredi 26 Janvier 1936

Nous commençons à être à court de vivres. Les rations se font de plus en plus petites, et il va falloir s'essayer à la nourriture souterraine si nous ne voulons pas jeûner jusqu'à ce que mort s'en suive. Se baser uniquement sur les rations nous obligerait à retourner sur nos pas, et malheureusement le bateau ne reviendra pas nous chercher avant deux semaines au moins. Mais comment cela se peut-il que nous soyons déjà en rade de nourriture ? Nous avions prévu assez pourtant ! Et nous avons les rations de quatre de nos amis défunts ! Il nous en manque, ce doit être ça ! Quelqu'un ou quelque chose nous en vole. Serait-ce la "chose" du Patriotic ? Non. Non impossible ! On l'aurait vu, ou au pire: entendu. Quoi que parfois, la nuit, je crois l'entendre à nouveau. Les autres ronflent fort, mais je crois percevoir cet affreux gargouillement. Et si elle attendait que nous soyons sans défense pour prendre un meilleur repas ? Les vigiles se relâchent avec le manque d'action. Et s'ils s’amollissent, la créature pourra attaquer. Je devrais les prévenir...

Trois jours passés à marcher et nous nous rapprochons à peine de notre but. Certains commencent à croire qu'on avance à reculons. Et si c'était vrai ? Nous aurions du atteindre ce foutu tas de pierre depuis longtemps déjà.

Samedi 27 Janvier

Les gardes sont plus attentifs, eux aussi entendent des bruits étranges la nuit, je leur ai parlé de l'ombre batracienne, et ils m'ont dit en avoir aperçu également à bord du bateau. Je surveille attentivement les stocks de nourriture, j'ai décidé de tenir un journal de compte pour vérifier que personne ne nous en vole. Je soupçonne Jerry de noyer sa crainte du noir dans la nourriture, je devrais me méfier...

Lundi 29

J'en étais sur, quelqu'un vole dans les réserves ! Il manque une boite de rations, IL EN MANQUE UNE ! Je le savais ! Je suis persuadé que c'est Jerry, cet espèce de bouffi apeuré et pleurnichard, toujours à gémir quand on éteint un peu la lumière... Il va voir !

Dimanche 30

Il doit être une ou deux heures du matin. Nous avons passé la soirée à chercher Jerry. Comme je m'en veux. Dans un accès de colère, nous l'avons accusé d'avoir mangé les rations disparues, et il s'est fait tabasser par plusieurs d'entre nous. Il doit être terrorisé... Et blessé de surcroit. Il ne répond pas à nos appels, j'ai peur qu'il se perde dans cette immense cité. Il n'a ni lumière,ni vivres, ni bandages. Comme je m'en veux. Nous allons continuer à le chercher, pourvu que la chose ne l'ai pas attrapé... je suis sûr qu'elle n'attendait que ça... Oh Jerry, qu'avons-nous fait ???

Nous l'avons retrouvé... Nous n'aurions peut-être pas du... Il était blotti dans un cul-de-sac, les vêtements tâchés d'une sorte de liquide sombre. Ses mains étaient pleines d'une espèce de mûres locales. Visiblement, il s'est défoulé sur ces pauvres fruits pour calmer sa faim et son angoisse. La bonne nouvelle, c'est que les fruits ne sont pas mortels, la mauvaise, c'est que ceux qu'il avait consommé semblent agir sur le cerveau. Il délirait seul, parlant dans le vide et regardant dans toutes les directions, comme s'il voyait... des choses. Il semblait parler à des personnes. Quand nous sommes arrivés près de lui, il a finit par nous remarquer. De là, il s'est mit à hurler comme un possédé et s'est enfuit. Nous l'avons poursuivis une heure durant. Tout ça pour que Jerry, dans sa fuite insensée, passe sous une arche et disparaisse mystérieusement. Nous étions incrédules, interdits, stupéfaits, mais visiblement cela ne tenait en rien du miracle. Quand nous sommes passés à notre tour sous l'arche,nous nous sommes retrouvés face à lui. Il était figé, debout devant la forteresse. Par quel miracle ? Ce peuple maitrisait aussi la téléportation ? Ou la distance apparente était-elle une illusion ? Pire, une hallucination ?

Il est endormi pour l'heure, mais semble délirer dans ses rêves, il transpire, gémit, il essaie de fuir quelque chose. S'imagine-t-il encore tenter de nous échapper ? La situation empire de jour en jour. Nous allons peut-être perdre un autre compagnon, mon ami qui plus est.

Wilson m'a confié que je gémissais également. Nous avons tous le sommeil agité ces jours-ci. Les cauchemars nocturnes son devenus coutume, quant aux miens... Cette chose dans le ventre de la femme m'oppresse. J'entends les craquements sinistres de ses os, le déchirement de sa chair, les gémissements larmoyants de la future "mère". Ses supplications résonnent en échos dans ma mémoire, elle me supplie de l'achever, comme si elle savait ce qui était en elle... J'ai peur... je doute que ma raison tienne encore longtemps dans cette ville désertée.

Une fois que nous aurons découvert ce que cache cette maudite forteresse, je suis bien décidé à rentrer chez moi et ne plus jamais m'éloigner à nouveau de ma femme...

Mon amour, tu es la seule lueur de joie dans cet exil aux confins du monde. Je regrette amèrement d'être parti. Même si nous avons découvert une cité d'un autre univers, la trouvaille du siècle, et que nos exploits resteront gravés dans l'histoire de l'archéologie moderne, je sens que jamais je ne réussirais à me remettre de ces épreuves. Ces cris, ces ombres... je n'ose plus m'écarter du groupe, c'est à peine si je vais me soulager seul, de peur de me faire emporter par "ça".

Comme j'aimerais me retrouver dans tes bras... Mon amour, si jamais je ne reviens pas, et que quelqu'un te rapporte ce journal, sache que tu n'as jamais quitté ne serait-ce qu'une seconde mon coeur. Je t'aime, et t'aimerais toujours, et ce bien au delà de la mort. Et si je ne puis te rapporter en main propre ce journal, sache que je suis sincèrement désolé de devoir te quitter si tôt, mais que je t'attendrais de l'autre côté aussi longtemps qu'il le faudra.

Demain, nous partons pour la dernière étape de notre aventure. Qu'importe ce qu'il s'y trouvera, nous avons convenu de revenir vers la côte polaire pour attendre le Patriotic, d'après le calendrier, il ne devrait être là d'ici une semaine. Nous arriverons juste à temps pour repartir vers notre douce Angleterre... En espérant que nous ne nous perdrons pas dans ce monstre de pierre.

La nuit s'annonce difficile...

Lundi 31 Janvier 1936

Ce matin, une horrible angoisse me dévore les entrailles. Mon dernier rêve me paraissait si réel que j’eus l'impression que songe et réalité n'étaient qu'une seule et même notion. J'ai vraiment peur, serait-ce cela qui nous attend finalement ? Assister à un sombre rituel ? Un sacrifice ?

Depuis notre arrivée dans l'édifice, des mélodies nous parviennent, comme suintantes des murs. Elles viennent de partout à la fois. Elles sont douces, calmes, comme ces chants religieux en hommage à une divinité quelconque. L'intérieur resplendit de cette fameuse lumière émeraude, produite par des "pores" qui sécrètent sur les parois des couloirs un liquide visqueux et luminescent. Nous marchons sur une pente assez raide. Étrangement, il n'y a aucun couloir alternatif. Nous marchons en spirale concentrique, sans croiser une seule autre galerie. Les chants nous guident, et se font à chaque pas plus puissants, plus audibles. Toute cette structure ne serait en fait qu'un seul et unique couloir amenant à je ne sais quelle chambre de prière ? Tout ça pour ça ? Impossible !



Ces mélopées ont néanmoins le mérite de calmer notre tension. L'air apaisant qui résonne sur ce chemin a dissipé l'angoisse pour laisser la place à une tranquille curiosité, comme si nous étions sur le point d'assister à un plaisant spectacle. Quel étrange sensation. Je peine à me rappeler des épreuves endurées, et pour celles qui me restent en mémoire, elles ne semblent pas si terribles que cela, au final. Après tout, ce n'était que quelques hommes, rien de dramatique. La fin de l'expédition arrive, et c'est presque à regret que je me prépare à retourner bientôt chez moi, dans cette demeure isolée et ennuyeuse, à retrouver cette femme qui m'attend avec ce sourire niais...

Si la nourriture est comestible, après tout, nous pourrions rester un peu plus de temps ici, je suis sur qu'il y a plein de chambres à disposition.


Nous arrivons au bout du chemin, quel agréable ballade ! Les prières sont de plus en plus envoutantes, et à les entendre, je pense qu'il ne reste que quelques dizaines de mètres avant de découvrir l'origine de ces voix mélodieuses. La pente est redevenue plate, et je peux voir une lueur bleutée se refléter sur les murs d'émeraude, qu'est-ce donc ?


NON ! NON ! NON ! Impossible IMPOSSIBLE ! "Ça" existe vraiment ! La cérémonie, le sacrifice, tout, tout était vrai, elle... ça... sortit de la femme. Le corps était en charpie. C'est monstrueux ! C'est une abomination ! Dieu ait pitié de moi, cette chose est vivante, VIVANTE ! Elle a aspiré les autres, leur âmes étaient aspirées, je l'ai vu le faire. Ils sont morts, ils ne bougent plus. Ils se sont fait dévorer de l'intérieur. J'ai réussi à me cacher, mais je n'en ai plus pour longtemps, ils finiront par me trouver. Les chants étaient faits pour nous attirer, pour nous piéger. Ils voulaient des sacrifices. Pourquoi n'avons nous pas fait demi tour pendant que c'était encore possible ?! J'ai couru me cacher dans la cité, mais ils finiront par me trouver. J'entends des cris. Des gargouillements, il y en a partout, ils grouillent dans les ruelles. Cela fait trois jours que je ne dors pas. Il ne faut pas qu'ils me trouvent. Ils ne DOIVENT PAS me trouver. Je dois rentrer. Trouver un moyen. Mais ils sont partout. Ils connaissent la ville par coeur. Je n'ai plus de vivres. Tout perdu dans la fuite. Je mange ces fruits, ils ne me font rien pour l'instant. Je vais bien. Il suffit d'attendre un peu et ils partiront. Quand j'aurais quitté la grotte, je serais revenu chez moi, je serais à l'abri. Finalement, le voyage de retour ne m'aura pas donné le mal de mer. Des cris ! Ils ne m'ont pas vu, je cro


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