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 Mélidenomots

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Lilith
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MessageSujet: Mélidenomots   Mer 10 Aoû - 19:06

Voici un petit jeu, né de la même manière que les mosaïques que vous connaissez bien, que nous (et surtout Cassiopée) avons inventé cette semaine.

Le Mélidenomots.


Le principe est que chaque participant propose des mots (par exemple pour ce premier exercice 6 chacun) et chacun doit produire, sans limite de temps, un petit texte reprenant TOUS les mots donnés par TOUS les participants. Voila le résultat.



Mélidenomots n°1

Participantes: Cassiopée, Taranis, Melaka, Lilith
Mots obligatoires: frisson, fièvre, préciosité, liberté, douceur, rêve, Cotylédon, marmiton, mortifère, somnifère, délice, supplice, mer, laurier, silence, tableau, carillon, ancestral, Chaussette, hérisson, caraffe, souris, pluie et mûrier !


Textes dans le désordre:


Tout se bouscule, tout s'entremêle.
Tel le laurier qui envahit son propre espace,
Ou le marmiton qui fait danser ses instruments sans relâche.
Le délice de ta présence s'est évanoui,
Laissant place au supplice de ton absence.
La pluie ne cesse de tomber devant mes yeux impuissants,
Ma vie n'est plus qu'un rêve que je fais en silence,
Remplissant la carafe de ma douleur.
Une terrible douceur qui me plonge en enfer,
Une liberté qui ne peut m'être accordée,
Un frisson parcourt ma peau si fragile
Alors qu'une fièvre tenace ronge mon cœur.
Une envie mortifère plane au-dessus de ma tête,
A la manière d'un hérisson qui voudrait que ses pics atteignent sa chair.
Aucun somnifère ne saurait endormir ma peine,
Tous les souvenirs de toi résonnent en moi tel un carillon.
La préciosité de tes yeux aux couleurs de la mer me hante,
Autant que le mystère ancestral que renferme ton esprit.
Le cotylédon de ton âme est encore trop résistant à la mienne.
Je te souris pourtant et j'embrasse douloureusement le manque de toi,
Comme on goûte au fruit du mûrier que l'on sait couvert de ronces.
J'attends de te sentir lentement envelopper chaque parcelle de mon corps meurtri,
Comme les vêtements nourrissent ma peau,
Comme le chemisier caresse ma poitrine,
Comme le jean s'agrippe à mes cuisses,
Comme les chaussettes protègent mes pieds.
Mais j'attends seulement.
C'est là le tableau désolant de mon insignifiante existence.

***

Oh belle liberté ! Hérisson de victoire ! Toi le frisson qui égratigne mes amours. Sais-tu combien de carafes j’ai vidé en ton nom ? Combien j’ai mis au supplice le délice de sa peau pour te garder toujours ? Tu n’es qu’un rêve mortifère.
Combien de temps saurai-je te conserver encore dans le silence de mon âme ? Combien de lauriers bien gagnés sauras-tu encore déposer sur ta tête ? Quelle douceur attendre des germes sauvages nourris par tes cotylédons acides ? Ton charisme ancestral n’est que préciosité quand dans ma fièvre tu me traines sur tes mers immenses et sans fin alors que je voudrais seulement dormir sous la pluie.
Mais je ne dors pas. Je reste là, en chaussettes et bras nus, presque sans vie, mon verre à la main. Il est vide… Quel dommage ! Mon corps s’est griffé aux ronces du mûrier quand j’ai voulu cueillir la rose. Elle m’a échappé… Je l’aimais pourtant.
La rue m’enlise, je glisse lentement vers le caniveau, un sourire aux lèvres. Je souris devant le tableau de ce combat gagné par le marmiton couronné qui me gave de morceaux de bon choix.
Je peux enfin dormir. La pluie en somnifère, carillon de mes pleurs.

***

La liberté dans le rêve et le délice dans le supplice. Je me lève et je prends un somnifere
alliant laurier, pluie et murier. Et comme le silence qui se fraie un chemin de pluie
je m'enfouie dans la mer mortifère. C'est un reve étrange de douceur. le tableau est d'une
telle preciosité que je n'ose, souris ou herisson perdu dans sa toile, m'y avancer plus.
Je me fais muette et douillette sous le ciel en caraffe déversant autour de moi, les fleurs qui s'épanouisssent,
cotylédons levé vers les hauteurs du marmiton céleste. Repliée dans ma chaussette soyeuse, je rêve. Je fièvre.
c'est un frisson ancestrale, sur mon échine qui carillone.

***

J’écoute doucement tinter le carillon du monde. Il dévore les rêves, tel un monstre goulu se repaîtrait d’enfants dodus. Et moi, dans le silence de la nuit, je regarde pousser les fleurs, m’étonne de ce supplice du cotylédon nourrissant la plante en devenir. L’espoir d’un frisson de liberté frôle presque mes mains, timidement tendues sous la pluie. Je souris.

Dans ce lent tableau ancestral où l’on s’invente des lauriers
Le temps n’est qu’une mer sauvage qui houle sous nos pieds.

Je n’ose m’avouer la préciosité de mes gestes. Que j’enfile une chaussette ou joue les marmitons, chacun d’eux est emprunt de délicatesse. Et dans la fièvre d’un délice inavoué, je pose les doigts sur son ventre pour tâter la douceur du hérisson qui, de ses pics dressés, prétend effrayer le vent. Ce vent mortifère qui règne sur la Vie. Rien ne lui résiste ; chacun s’écroule dans un dernier souffle, inhalant le tendre somnifère qu’exhale quelque mûrier vicié.

Et voilà que le monde tombe en carafe.

_________________
Il y a en toi le gâchis d'un soleil qui sommeille, plusieurs fois, on t'a dit : "Révèle".

I believe in you.

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Ruby

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Mer 10 Aoû - 20:10

à quand le prochain?
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Melaka
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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Mer 10 Aoû - 23:19

Le prochain est en cours !
Tu as apprécié Xupi ?

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Scarlet Hurricane
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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Mer 10 Aoû - 23:28

C'est superbe !
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Cassiopée
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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Mer 17 Aoû - 1:10

Ravie que ça plaise un peu. Je trouve cet exercice, qui oblige à écrire avec des contraintes, est très intéressant.
C'est agréable de voir les textes achevés à mon retour.
Merci les filles !!


Notez que j'ai déjà donné le prochain ! J'attends les vôtres !!

J'aimerais bien que, contrairement aux mosaïques, nous signions nos textes. Qu'en diriez-vous ?

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Alynea
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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Mer 17 Aoû - 7:34

Surtout très agréable à faire ! Voici le n° 2, avec les textes signés, comme l'a suggéré Cassi.

Mélidenomots n° 2


Participants : Cassiopée, Tàranis, Kosmos (8 mots chacun)
Mots obligatoires : Pétarade, charogne, sacripant, griffe, sortilège, tendancieux, révérencieux, palace, funambule, cerner, crinière, safran, hélianthe, symptôme, cactus, sémaphore, chèvre, crucifix, tasse, réflexe, halogène, empoté, tarabiscoté, houppe

Textes :

Cassiopée :
Sur la table de nuit était posé le crucifix, juste à côté du réveil, d’une tasse de café froid encore à moitié remplie et son arme de poing. Lui, c’était Jose, le père de Pedro, Gabrielo et Mercedes. Il était gardien de la paix. Il travaillait de nuit. Aussi il dormait encore, insensible à la pétarade que produisait Pedro en essayant de démarrer sa bécane dehors. Il ne vivait pas dans un palace de Buenos Aire, sous des halogènes tarabiscotés et derniers design en guise d’hélianthe. Non, son soleil à lui, c’était le safran et le piment qu’il mettait dans tous ses plats, c’étaient les cactus qui s’étendaient à perte de vue sur la mesa et sa vieille chèvre blanche à la houppe roussie par la chaleur du plateau.
Ce jour là, un cri retentit au délà du buisson d’épineux.
Mercedes en sortit en hurlant, la crinière au vent, elle courait avec toute l’énergie qu’elle pouvait trouver. Ses petits bras potelés s’agitant comme un sémaphore.
Jose se redressa et par réflexe empocha son revolver, puis d’un geste empoté enfila son pantalon puis grogna.
-Qu’est-ce t’as à crier comme ça ?
- Venez voir, c’est affreux !!!
Elle s’était arrêtée au milieu de la cour, l’œil hagard, cerné de rouge, portant sur elle tous les symptômes d’une peur blanche.
Ils eurent tôt fait de la suivre vers le ravin de Gordio.
Au fond de l’abîme, ce sacripant de Gabrielo jouait les funambules, accroché à la branche d’un arbre comme une vieille charogne jetée aux vautours dont les griffes et les becs avaient déjà commencé le travail.
Quel coup du destin avait pu commettre cet acte tendancieux ? Quel sortilège avait pu le conduire là ?
José se jeta à genoux sur le sol, les mains serrées en prière. Sans un cri, sans un pleur, il exprimait sa souffrance par cet unique geste révérencieux, les yeux levés vers Dieu.

Lumière Lumière
Lumière

Kosmos :

L'orage s'éloigne au large dans une pétarade sourde et ronflante. Un navire surpris en mer tarde à reprendre vie. L'équipage est encore abrité dans la cabine, jouant aux cartes à la lueur d'une lampe halogène. Quelques crucifix traînent sur la table, encore vibrant de prières révérencieuses. Les marins ont couru toute la nuit sur le pont pour lutter contre la fureur des éléments, manquant de basculer par-dessus le bastingage et buvant la tasse à maintes reprises. Le capitaine, à la barre, n'a compté que sur ses seuls réflexes pour maîtriser les embardées du navire. Guidé par les feux des sémaphores, il a joué un véritable numéro de funambule pour conduire le navire en lieu sûr.

Les paquebots de luxe et autres bateaux de croisière, plus pusillanimes que leur frère, s'étaient cachés derrière le musoir de la digue bien avant la tempête. Ils avaient déversé sur les môles de fortune des vacanciers empressés. Aussitôt sur le quai, ceux-ci avaient couru se réfugier auprès de leurs proches, préférant la sécurité simple et chaleureuse de leur foyer aux enluminures tarabiscotées qui décoraient les intérieurs des palaces flottants.

Dans les champs qui cernent le port, les hélianthes cherchent le soleil. Ils hésitent à déployer leurs crinières de pétales jaunes. Les cactus et autres plantes grasses empotées sur les rebords des terrasses semblent moins impactées par la catastrophe et se dressent toujours aussi fiers et imperturbables.

Les animaux sortent à leur tour. Une chèvre égarée qui peine à se remettre de sa frayeur appelle vainement son maître. Un chat sacripant que la pluie a piégé sort timidement de sous une voiture, les griffes encore sorties. Puis il repère un bout de charogne, au bord du caniveau, qui excite de manière tendancieuse les houppes nerveuses de ses papilles.

Le battant de bois d'un étal s'ouvre lentement, libérant des effluves de safran mêlées d'humidité. Le village émerge en titubant de son sommeil profond provoqué par les symptômes annonciateurs de l'orage. Enfin le clocher sonne, levant le sortilège et ramenant le monde des hommes à la vie.

Lumière Lumière
Lumière

Tàranis : J'en ai fait deux. Vous verrez que le premier ne peut pas être considéré comme achevé. Il ne peut être que le début d'une suite, mais je ne sais pas trop faire les suites, alors il n'y a que le début. Avec tous les mots, mais juste le début. Le deuxième, c'est parce que le premier n'avait rien d'achevé, et qu'il était trop long. Alors c'est un court, et un complet.

Essai n° 1 :
Assis à son bureau, le funambule réfléchit. Ce n’est pas souvent qu’il a les deux pieds sur Terre et cela l’étonne toujours de voir le monde d’aussi bas. C’est pour cela que son appartement est situé au 20ème étage d’une tour. Il échappe ainsi aux pétarades des moteurs et au brouhaha incessant de la foule qui hante les trottoirs. A voir l’immeuble luxueux, on imaginerait son appartement comme un véritable palace. Ce n’est en fait qu’un espace de taille modeste à la décoration sobre.

En poussant la porte d’entrée, on pénètre directement dans une pièce faisant office de salon. Dans un coin, un petit espace délimité par un bar sert de cuisine. Pas bien grande, le funambule n’est pas adepte de l’art de la cuisine. Il préfère le plus souvent commander son repas au traiteur du coin, en particulier une tarte exquise qui mêle courgettes, chèvre et safran. Le salon est aménagé d’un vieux canapé noir au cuir usé, d’une petite table recouverte de journaux, magasines et autres tasses, d’une bibliothèque trop petite pour la quantité de livres qui se la partagent et d’une télé accrochée au mur. Au sol, un tapis clair et moelleux. Au bar, deux hauts tabourets dont il se sert rarement, lorsqu’il décide de ne pas manger affalé devant un film, ou perdu dans ses livres.

A droite, on accède à la chambre, qui ne comporte qu’un lit, une table de nuit et une armoire à la forme tarabiscotée. Il était tombé dessus par hasard dans une brocante et l’avait tout de suite aimée pour son originalité et parce que, par un curieux sortilège, il est absolument impossible d’en ouvrir le battant. Elle est donc vide, posée contre un mur, et lorgne sur le sol les tas de vêtements qu’elle ne pourra jamais contenir. La salle d’eau n’est séparée du reste de la pièce que par un rideau rigide.

En revenant au salon, juste en face de la chambre s’ouvre un porche menant au bureau. Celui-ci ne dispose pas de porte, une simple ouverture suffit à droite de laquelle est accroché un petit crucifix. Jamais, sans doute, le funambule ne l’avait remarqué. Mais à présent, assis dans son fauteuil confortable, derrière son bureau de bois vernis dont il caresse la surface cirée du bout de ses doigts pensifs, il fixe du regard cette croix de bois peinte en noir. Elle est doucement éclairée par le lampadaire halogène dressé dans un coin de la pièce et contraste avec le mur blanc.

L’œil interrogateur, il se gratte le menton, puis passe la main dans la crinière de ses cheveux. Cela fait plusieurs jours qu’il ne s’est ni rasé, ni coiffé, et son visage porte les symptômes d’une profonde fatigue. C’est peut-être pour cela qu’il a du mal à cerner le pourquoi de la présence de ce crucifix sur son mur. Il n’a aucun souvenir de l’y avoir placé et commence à soupçonner qu’un de ces sacripants d’Agent Inquisitorial est venu l’y accrocher pour lui rappeler le droit chemin. Le mot n’est pas bien fort. Sa pensée ressemblerait plutôt à quelque chose du style : « Quelles charognes ! Ils croient pouvoir s’introduire chez les gens comme si tout leur était permis ! » A la vérité, c’est malheureusement le cas. Quelques sémaphores leur indiquent les déviants, et ils se chargent de les remettre en place. D’abord, par quelques messages du style d’une croix sur un mur, puis si cela ne fonctionne pas, d’autres mesures peuvent être prises, de plus en plus fortes, allant jusqu’à l’emprisonnement pur et simple. Officiellement, les déviants sont condamnés pour des raisons fantaisistes afin de ne pas révéler leur véritable crime. Mais tout un chacun reconnait la terrible griffe de l’athéisme sur leur visage.

Détournant enfin les yeux de l’objet indésiré, il se lève et prend par reflexe l’arrosoir posé à côté de son bureau. A la cuisine, tout en le remplissant d’eau, il repense au grand-père révérencieux qu’il a croisé plus tôt dans la journée. Cet homme ne lui avait pas inspiré confiance, et peut-être est-il la cause de cette discrète mise en garde. Le récipient plein, il retourne dans le bureau et se dirige vers une commode sur laquelle trône une plante dont il ignore le nom exact, mais dont il sait qu’elle appartient à la famille des hélianthes. A ses côtés, plus discret, un cactus empoté se prélasse sous son armure d’aiguilles acérées.

La croix sur le mur le fixe de toute sa noirceur. Il triture, anxieux, la ridicule houppe que forment ses cheveux trop longs au dessus de son front et cherche lequel de ses actes de ces derniers jours à pu être suffisamment tendancieux pour élever les soupçons. D’un soupir, il tente d’évacuer cette pensée envahissante de son esprit embrumé et sort du bureau.




__________________________________________________


Essai n° 2 :
Il peint, le sacripant. Il peint des cactus aux formes tarabiscotées, des palaces trop grands, des funambules en équilibre entre ciel et mer… Toute image est bonne à se jeter sur la toile, avide d’exister par son pinceau fiévreux. Réflexe d’artiste, ou symptôme de folie, il n’hésite pas à retranscrire les pétarades violentes des guerres et des meurtres par des touches vives de safran au milieu du jaune d’or des hélianthes et des appels flamboyant des sémaphores en perdition.
Quel est ce tableau ? On y voit des hyènes, crinières au vent, se jeter sur de la charogne. On y voit des vautours tournoyants dans le ciel, sous un soleil de plomb, comme présage d’une fin prochaine. On y voit, sur le sol, cernés de fauves faméliques, une troupe d’enfants brandissant des crucifix comme dernier rempart contre la mort.

Là, éclairé à la lumière halogène, il pose son corps empoté, replace sa houppe d’un geste de la main, étalant sur ses cheveux un reste de peinture fraiche, attrape une tasse et... la laisse tomber au sol.
Le tableau n’a pas de sens. Il aurait pu peindre une chèvre et un loup, personne n’aurait vu la différence. Il faut être tendancieux, aujourd’hui. Il faut friser le bord, friser le ridicule et la mort pour donner du sens aux choses. Mais, pour lui, des regards révérencieux, seulement cela. Pas pour ses peintures, pour son sang. Ce sang royal qu’il voudrait vider d’un coup de griffe au poignet.

Lumière Lumière
Lumière

Et Sanz a voulu jouer avec nos mots (S'il ne veut pas que son texte apparaisse, qu'il se manifeste):
EN ce rêve empoté, qui pétarade quand il crie et la nuit et le jour ; engoncé dans son vieux veston comme une âme noueuse, tarabiscoté comme le vent quand il souffle à l'envers des voix, dans les cavernes noyées aux images brouillées. En ce rêve qui descend comme une charogne sur mes vieilles idées - mes idées, elles ont la tête courbée comme des sacripants sous l'halogène et le crucifix, hélianthes à la houppe noircie et qui bêlent autant que des chèvres qu'on offre a Dieu - , en ce rêve, je suis un funambule égare au front de la potence, contemplant au loin des palais aux tours tendancieuses pointés vers moi, révérencieux de marbre et spectateurs tendancieux de mes crimes latents.

" Messieurs, Messieurs, qui tenez sous vos griffes sales mes idées, attendant que je hurle à la damnation ces symboles de misères, ces sortilèges trop vieux pour crier encore et maudire mon rêve débordé, messieurs, Aujourd'hui, j'assassine mes idées. TOUTES mes idées, et dans une seule tasse, une seule j'empilerai les têtes coupées pour les jeter à la mer."

- En cette plume empotée, que je tiens fébrile et malade, rongé de mes effrois nocturnes, et la tenant au dessus de la toile, fixé par les pics comme des flèches tendancieuses tournées vers moi du cactus qui trône sur la table, je dessinai une aurore safran, un ciel cyan et des têtes coupées - empilées dans une seule tasse.

Symptôme de mes Nuits Assassines.

_________________

" Il ne vous reste qu'une photo à prendre.
Il ne vous reste plus qu'un jour à vivre ; il ne vous reste que dix mots à dire. "


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Melaka
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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Sam 5 Nov - 20:58

Je vous partage la troisième édition du Mélidenomots, écrite il y a un petit moment déjà. Qui serait partant pour remettre ça ?


Mots imposés : grenaille, jambière, chrysanthème, serpillère, puce, solstice, plagiat, éparpiller, aube, talon, sycomore, écharpe, argentique, hussard, aspirateur, vinyle, grandiose, retrouvailles, lien, confiance, progrès, désert, graver, ailes.


Texte Cassiopée :

Ce soir, je suis installé sous le sycomore, j’attends Jeff. Je ne l’ai pas revu depuis près d’un demi-siècle. Ce seront de grandes retrouvailles.

Jeff et moi, nous étions comme deux godillots qui s’assemblent. L’un jouissant de la confiance de l’autre et réciproquement. A nous deux, nous étions capables de traverser les déserts les plus grandioses. Le lien d’amitié qui nous unissait était un véritable plagiat de celui qui tisse les membres de la Confrérie du Sang entre eux. Nous étions gravés pour nous emboiter l’un dans l’autre. A l’époque, nous paressions au solstice de notre âge et nous nous prenions pour des anges maudits. Nous attendions le soleil après la pluie.

Mais, l’aube nouvelle, celle qui semblait ne jamais vouloir venir, avait tant tardé que nos ailes s’étaient desséchées.

Nos rêves, d’ailleurs, s’étaient arrêtés sous la grenaille. Ils s’étaient éparpillés, poussés du talon sous la mitraille d’une guerre où jeunes hussards nous avions été projetés. Nous avons essuyé tant de feux que nous étions devenus les serpillères ensanglantées des amis qui explosaient à nos cotés.

Nous en sommes revenus tous les deux pourtant. Lui, avec une jambière de bois et moi, avec une écharpe en guise de bras droit, les corps recouverts de vermines. Les puces nous avaient rongés jusqu’aux os.
Et nous sommes partis, chacun de notre côté, des chrysanthèmes plein les yeux.
Aujourd’hui, il ne me reste de lui qu’une photo argentique glissée dans un cadre qui a abouti dans le placard où je range l’aspirateur, avec les vieux vinyles et toutes les vieilleries que le progrès entasse.

Mais, ce seront de grandes retrouvailles.


Texte de Melaka :
Petit coin reculé, petit désert abandonné.
Une serpillère de verdure qui s'étend sur des kilomètres.
Mais à cet endroit précis, juste derrière ce sycomore, gît un paradis perdu.
L'aube fait briller une nuée de chrysanthèmes, de son éclat orangé.
Le solstice d'été prolonge ce spectacle grandiose offert par la nature.
Un vent puissant s'enroule à la manière d'une écharpe autour des pétales dorés.
Empli de confiance, il s'insinue même jusqu'à la grenaille qui ne demande qu'à s'éparpiller aux pieds des fleurs sacrées.
Il sautille autant qu'une puce entre chaque parcelle de cet univers,
Se nourrissant de la moindre molécule présente, comme un aspirateur ingurgiterait la poussière qu'il conserve précieusement en lui.
Même un argentique ne pourrait en révéler la totalité de ses détails époustouflants.

Petit coin caché, petit désert isolé.
Ce jardin merveilleux est le talon d'un monde imaginé.
Il est le lien entre l'Homme et le paradis, entre la guerre et la paix.
Le digne hussard aux jambières usées vient y graver son repos.
Le vinyle de sa vie défile dans sa tête qui se laisse bercer par les retrouvailles avec ce havre de paix.
Évidemment, il ne sait pas que tout est factice.
Que tout n'est qu'un plagiat d'une éventuelle réalité trop belle pour exister.
Mais les ailes du progrès ne souffrent aucunes limites, et il continue de rêver.

_________________



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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Mar 29 Nov - 0:44

Et bien nous avons remis ça ! Si ça intéresse certains d'en faire (et/ou de commenter), n'hésitez pas à réclamer Satisfait

Mélidenomots n° 4


Mots imposés : tortue, sélection, fredonner, calfeutrer, alambic, certitude, grelotter, corolaire, frange, ration, grignote, fendre, routine, pendu, pelotonné, plier, valse, paroxysme, élan, zèbre, éponge, brindille, ballon, mutisme.



Texte Cassiopée :

Se fendre d’un sourire plus grand qu’un croissant lunaire au paroxysme de sa valse nocturne, et rester à la frange de l’élan d’amitié qui me pousse vers elle. Ne pas s’imaginer pelotonné contre sa joue à fredonner des songes. Il n’y a pas de place pour s’y calfeutrer. Je reste donc à grelotter dehors avec la certitude que son mutisme grignote peu à peu ma lune.
Alors je prends ma ration de rêves, j’éponge sur mon front la ride qui zèbre ma mémoire et j’accroche la brindille cueillie sur l’arbre du pendu à coté du rameau d’olivier sur le manteau de la cheminée.
Je gonfle le ballon de mon enfance pour ne pas plier sous la routine. Je combats la solitude qui me fait devenir tortue perdue sous le corolaire d’un alambic vidé de ses visions. Je lutte contre la sélection d’une mère sorcière.



Texte de Cactus volant :
Un zèbre est pendu a un arbre. Quoi ? Pendu ? Vraiment pendu. Par les pattes. Corollaire fantastique.
Il s'est fixé pour but de récolter quelques brindilles à déguster. Il grignote quelques feuilles cueillies, ration insuffisante pour la journée.
Saviez-vous que ce zèbre a peur du silence ? Voici de quelle manière il fend le mutisme de la solitude : il fredonne. Il fait briller des notes qui montent jusqu'aux nuages comme des ballons, des montgolfières qui dansent dans le ciel. Il les fait voler. Quel zèbre magicien.
Les heures avancent. La nuit grandit et mange le monde. Gueule ouverte.
La nuit bouge, grouille. Le froid se réveille sans étincelle. Lame glacée qui chatouille le cuir de l'animal.
La nuit mange les couleurs. La nuit, c'est noir. C'est blanc. C'est zèbre, tout simplement. Un mélange d'évidences et de doutes.
Le zèbre a froid. Pelotonné contre le tronc de l'arbre qu'il avait dépecé. Il aperçoit une tortue posée sur une branche comme une flamme sur la cire d'une bougie. Tortue ? Une tortue-funambule, le zèbre en a la certitude. Il secoue la frange rabougrie de sa crinière afin de mieux discerner la petite tête de la tortue. Ses pattes pliées pendent dans le vide. Elle aussi grelotte de froid. Carré de soi dans le néant. Glace qui caresse.
Le paroxysme du supportable atteint, le zèbre et la tortue claquent des dents.

Zèbre - Viens mon amie, allons nous abriter du froid.

Tortue - Moi, quand j'ai froid, je valse. Dansons pour nous abriter du froid.

Certaines tortues savent danser. C'est chose à savoir. Cela fait partie intégrante de la routine des funambul'arbres. Alors, Zèbre et Tortue prennent leur élan, se lancent et tournoient sur les pleines. A la recherche d'un quelconque abris.
Seulement, obstacle. Le sabot du zèbre se colle à quelque chose de mou. Incompréhension. Un chewing-gum, pense Zèbre. Il s'arrête. Lève son sabot. Le regarde. Regarde Tortue. Sourcils froncés. Non. En fait, une chose étrange.

Zèbre - Qu'est-ce ?

Tortue - Une éponge. Sûrement un hérisson qui aura égaré son jouet.

Zèbre détache l'objet de son sabot et le jette négligemment sur le bas côté. L'éponge roule aussi vite qu'une bille et se loge dans un de ces terriers de lapins semblables à des alambics.

Mais, comment les lapins peuvent-ils respirer si l'entrée de leur demeure est totalement calfeutrée ?



Texte de Melaka :
Comme une éponge, mon corps s’était gonflé de larmes.
Enfermée dans un ballon de remords, seule une frange de lumière me tenait en vie.
Un mutisme sans pareil m’avait pelotonné dans une routine luciférienne.
Les fantômes de mon âme n’ont cessé de fredonner une valse qui grignote encore mon cerveau.
Mais j’ai décidé de plier mes idées sombres, d’accepter le paroxysme de ma douleur en corolaire de mes espoirs.
Telle une brindille, le vent a emporté fragilement dans son élan toute une ration de questions.
Fini de grelotter dans le noir, fini de se calfeutrer dans des souvenirs inassouvis.
J’ai pendu mon mal et ma peau se zèbre de nouvelles couleurs.
L’alambic de tes mots a distillé une sélection des miens.
C'est ainsi que la certitude d’un bonheur différent vient fendre mon esprit,
Pendant que ma carapace de tortue se reconstruit petit à petit.

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Mar 20 Déc - 2:02

Je vous propose un mélidenomots dans les jours à venir. Qui serait partant pour écrire un court texte à partir d'une banque de mots commune ?

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Mar 20 Déc - 16:42

Moi.

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Mer 21 Déc - 22:05

Moi aussi ! Avec plaisir.

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Mer 21 Déc - 22:57

je veux bien tenter :

demain soir ou vendredi Heureux
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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Jeu 22 Déc - 0:43

Nous sommes quatre. C'est suffisant.
Le Mélidenomots ne fonctionne pas comme une mosaïque. Il n'est pas indispensable de se retrouver sur msn.
Il suffit que chacun m'envoie 7 mots par mp. J'écris les miens à l'instant dans un coin de mon ordi afin de ne pas être influencé par les vôtres.
Lorsque j'aurai reçu vos propositions, je vous posterai la banque de mots sur laquelle nous devons écrire. Je rappelle, que le but est d'écrire un court texte. Ceci reste un exercice de style et il est bien entendu que cela devient facile de placer une trentaine de mots dans 3 pages.

Donc. Les amis, j'attends vos 7 mots.

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Ven 23 Déc - 1:49

Il ne me manque que les 7 mots de Melaka.

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Ven 23 Déc - 14:56

Envoyés à l'instant !
Désolée pour le retard, je n'avais pas vu le post hier soir.

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Ven 23 Déc - 15:06

Puisque notre banque se trouve comblée de 28 mots, je vous l'offre en pâture de Noël pour que nous concoctions un court texte dans lequel ils apparaitront tous :

Citation :
rascasse, onanisme, panaris, vénérienne, sacrificiel, lupanar, gargarisme, pragmatisme, gargantuesque, salutations, symbole, gourgandine, mikado, polisson, canapé, bébé, fatigue, joie, sapin, brosse, fleur, flamme, retour, prévision, approche, emblème, carton, sucré


Si certains voulaient se joindre à nous et utiliser cette banque pour composer, ils sont, bien-sûr, les bienvenus.

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Lun 26 Déc - 20:37

juste deux trois petits points de détails :

le rendu, on doit te l'envoyer par MP, ou on peut le publier directement à la suite ?

il y a une date butoir ? (parce que pour l'instant c'ets rédigé au brouillon, faut encore que je le mette sur l'ordi).
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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Mar 27 Déc - 4:18

Les étoiles parlent par ma bouche : Toute personne peut poster à la suite tant est que ladite personne aie quelque chose à poster.

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Mer 28 Déc - 23:46

J'erre comme une âme en peine.

Recroquevillée sur le canapé, mon regard vole de carton en sapin pour enfin se poser sur une brosse. Sa brosse. Mon cœur tombe dans un feu sans flamme où le retour de mon bébé n'est qu'une prévision lointaine. Onanisme de la pensée que cette vision où mon polisson rentrera à la maison. Ce sera alors une joie gargantuesque. Dans mes bras sa chaleur, sur sa peau mes baisers sucrés. Approche mon ange, approche. Viens me faire oublier la fatigue et les peurs qui se sont épanouies telles des fleurs dans ton absence. Dans ce mikado d'émotions, enlèves une à une les emblèmes de notre séparation.

Mais la réalité me rattrape. Je suis seule, abandonnée, telle une gourgandine frappée d'une quelconque maladie vénérienne. Ou peut être comme une rascasse dont on s'éloigne pour éviter ses piquants effilés.

Le pragmatisme revient lui aussi, symbole de ma raison bien trop accrochée. Ici, point de lupanar et les salutations sont toujours enthousiastes autour de moi. Allons, reprends-toi. Pas de gargarisme intempestif avec des idées de part trop négatives. Pas d'émoi digne d'un autel sacrificiel. Tu le reverras bientôt. Après tout, ce n'est qu'un panaris.

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Ven 30 Déc - 21:00

En ce siècle de pragmatisme, il n'était pas rare qu'à la veille d'un congé mérité, mes collègues et moi-même, nous réunissions autour d'une table pour bavasser et dîner des heures durant au Grand Véfour.

Certes cet onanisme culinaire n'avait rien pour me déranger mais entre la fatigue de l'hiver et des derniers jours de cette année 188X, la joie et l'impatience de retrouver mon épouse et notre bébé en cette veillée de Noël, venaient quelque peu ternir ce gargantuesque souper. Là où d'habitude j'aurais commandé dindonneau ou chapon, je me contentai d'une légère mais néanmoins délicieuse soupe de rascasse.

En prévision de mon retard, je fis adresser un pneumatique à ma tendre épouse, lui assurant de hâter mon retour.

Autour de la tablée, les libations allaient bon train et à l'approche de minuit, Maître Quentin, notre bâtonnier et honorable camarade se vit offrir par nos soins, un poignard sacrificiel - tout un symbole - tout droit venu des forêts vierges où notre mésestimé client F. de L. s'échinait encore à creuser ses maudites écluses océaniques. Le carton d'emballage de ce présent portait d'ailleurs l'emblème de la sinistre compagnie.

Vinrent enfin les cafés et digestifs, ainsi que leur accompagnement sucré. Alors que je faisais mine d'enfiler ma redingote, une flamme me fit tressaillir. Maître Victor m'offrait un de ses cigares de provenance lointaine, que je ne pouvais décemment refuser.

Deux bouteilles de poiré plus tard, nous présentions nos salutations et meilleurs voeux au maître d'hôtel.

La bonne humeur grivoise de mes comparses nous mena tout droit au lupanar. Bien qu'il fut déjà tard, que ma famille couchée ne m'attendais dès lors plus, je me sentais las et pris le parti de laisser là mes compagnons. Bien en vain puisqu'il m'avaient déjà poussé au sein de l'établissement. A l'inverse de les pairs je n'étais pas dans cet état d'esprit polisson. J'avais toujours eu une appréhension pour les maisons de tolérance où les gourgandines avaient autant de panaris mal placés que d'affections vénériennes. Ceci dit à La Perle Pourpre, on disait que les filles ne manquaient jamais un gargarisme entre deux clients.

Un peu contrit je m'assis sur le canapé, à moitié caché par le grand sapin dressé à l'occasion de la nativité. Je fus bientôt rejoins par une jeune annamite, qui après plusieurs tentatives infructueuses me demanda finalement de lui passer quelques coups de brosse dans les cheveux. La belle avait u nom de fleur imprononçable, comme en ont souvent les filles de cette région. Pour ne pas la faire gronder par sa maquerelle et pour maquiller son oisif repos, j'acceptais finalement de la suivre dans sa chambre où elle m'apprit une nouvelle façon de jouer au mikado.

___________________________________



Bon, je ne sais pas si j'ai bien tout compris le but de l'exercice, mais j'ai utilisé tous les mots Heureux

Pour l'inspiration, il faut chercher du côté de :



et de :



deux ouvrages d'excellente qualité et dont les histoires se déroulent à cette même époque. Et j'en profite pour dédier le texte à Melanÿn, auteure de ce superbe Chimère(s) 1887 que j'ai eu la chance de rencontrer aux Utopiales il y a quelques semaines




(vous aurez tous remarqué ce magnifique flyer qu'elle arbore fièrement sur sa table de dédicaces !)
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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Sam 31 Déc - 21:04

Qu’il était beau l’emblème du lupanar de Panaris. Une flamme s’enroulant autour d’une fleur resplendissante, symbole de toute la fierté de la maison. Nul ne pouvait nier la beauté du lieu, même pour ceux qui n’avaient jamais oser franchir le portique de ce palais gargantuesque. Pourtant, il n’était ici question que de plaisir. Evidemment, nombreux pensaient qu’un tel établissement n’avait pas sa place dans une cité aussi réputée que Panaris. Mais on parlait peu de ces quelques individus dont le cœur se laissait entraîner sans retour jusqu’au seuil de la demeure qui faisait malgré tout un carton.

Hum hum ! s’exclama Mme Vermillon dans un gargarisme bruyant.
Approche-toi mon garçon, poursuivit-elle.

Cette grande dame était la maîtresse des lieux. Elle était aussi mince qu’un mikado, les cheveux en brosse et elle portait des lunettes qui renforçaient son air sérieux.
Les salutations ainsi faites, le pragmatisme de Mme Vermillon fit qu’elle s’acquitta du protocole habituel qui consistait notamment à vérifier que le client n’était pas porteur de maladies vénériennes. Pas question que le polisson abîme un seul de ses bébés ! Elle ne voulait pas de rascasse chez elle, en prévision d’un quelconque incident. Le jeune homme pouvait maintenant s’avancer dans la salle principale. Les portes s’ouvrirent alors sur une toute autre ambiance. L’atmosphère était tamisée, des corps s’animaient de toutes parts, contre un mur, sur un canapé, à même le sol. La fatigue ne semblait gagner aucune gourgandine, seule la joie se lisait sur leurs regards. L’onanisme général envahissait toute la pièce tel un rite sacrificiel, accompagné d’un parfum de sapin au teint sucré.

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Dim 8 Jan - 5:00

J'ai failli oublié de poster mon texte...

Citation :
rascasse, onanisme, panaris, vénérienne, sacrificiel, lupanar, gargarisme, pragmatisme, gargantuesque, salutations, symbole, gourgandine, mikado, polisson, canapé, bébé, fatigue, joie, sapin, brosse, fleur, flamme, retour, prévision, approche, emblème, carton, sucré


"Ah Rascasse ! Dans quel lupanar me suis-je donc bien fourré ? "

Guilllaume en aurait pleuré.

Il était pourtant heureux ce matin quand Ophélie, la fleur aux lèvres, l’avait appelé pour lui dire que Noël passé, il était temps de mettre en carton leurs affaires s’ils voulaient être prêts à temps pour le déménagement. Mais avec son pragmatisme habituel, cette gourgandine n’avait rien trouvé de mieux que lui refiler le bébé pendant qu’elle virait à droite et à gauche.

Or s’occuper du marmot n’était pas sa tasse de thé et sa joie était vite passée.
Tenant dans un bras le gamin qui pleurait comme vache qui pisse, il s’était préparé un gargantuesque sandwich et un café bien sucré. Il n’attendait plus que le délicieux moment où il pourrait s’installer dans le canapé pour suivre Le match. Une flamme d’envie ne quittait pas ses yeux. Les prévisions étaient bonnes. Rennes devrait battre Lyon.

Quand soudain, le polisson se mit à hurler et à se débattre dans ses bras.
Ne sachant trop quoi faire, il lui fourra le premier objet venu dans les mains, une brosse à cheveux oubliée sur le guéridon et il tourna dans la pièce, faisant des allers et retours entre la chambre et la salle de bains. Le môme ne se calmant pas, il commença à imaginer un quelconque rite sacrificiel où un enfant à embrocher serait le bienvenu.

Sur l’écran, l’emblème bicolore du Stade Rennais concurrençait le symbole bleu blanc rouge de l’Olympique Lyonnais. Le match allait bientôt commencer et l’énervement de Guillaume à l’approche du coup de sifflet du départ devenait presque féroce envers le gamin. Il le secouait fermement, le passant d’un bras à l’autre et jurait ses grands dieux qu’une maladie vénérienne ou un panaris eut été préférable à ce gamin. Il en arriva même à promettre que plus jamais il ne toucherait une femme. Que l’onanisme était salutaire et qu’en cas de défaillance il ferait appel aux tricoteuses et à leur jeu de mikado pour supprimer ce genre de montres de la planète.

L’enfant hurlait de plus belle et ses cris mêlés aux sanglots finissaient en gargarismes dans le fond de sa gorge.

C’est alors que l’idée de bêtement déposer son fils dans son lit et de clore la porte sur ses pleurs le submergea. Il se précipita vers la chambre du fiston en renversant au passage le sapin de noël.
A peine eut-il déposé son fils dans son lit que celui-ci, las d’avoir crié, perclus de fatigue, s’endormit sans plus de salutations pour son père si précautionneux de ses besoins.



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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Jeu 9 Fév - 0:34

Il est temps de lancer un nouveau Mélidenomots. Pour cela, nous devons être au moins trois et poster 8 mots choisis avec pur hasard.
Qui est partant ?

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Jeu 9 Fév - 0:36

Moi !

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MessageSujet: Re: Mélidenomots   Jeu 9 Fév - 14:16

Moi, parce que sinon je ne sors pas de mes rp ^^

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